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Se préparer à une interview

Lorsqu'une personnalité politique se prépare à une interview, il est essentiel d’adopter une stratégie qui permet de communiquer efficacement ses messages tout en gérant les questions difficiles. 

1. Définir des objectifs clairs pour l'interview

Avant l’entretien, il est crucial de savoir pourquoi vous participez à l’interview et quels sont les messages que vous souhaitez faire passer. Cela vous permet de rester concentré et aligné sur votre stratégie de communication.
  • Messages clés : Identifiez les 3 ou 4 points que vous voulez absolument transmettre. Ces messages doivent être percutants, simples à retenir et répétés à différents moments de l’interview.
  • Audience cible : Qui va regarder ou écouter cette interview ? Adaptez vos propos au public visé (électeurs, partenaires, jeunes, médias internationaux) pour maximiser l’impact.

2. Préparation approfondie sur le contexte et les sujets de l'interview



Une préparation rigoureuse est indispensable pour répondre de manière précise et crédible :

  • Connaissance de l'actualité : Soyez au fait des derniers événements politiques ou sociaux pour pouvoir réagir rapidement si le journaliste vous interroge sur un sujet d’actualité.

  • Réponses aux controverses : Si vous avez été impliqué dans des polémiques ou des critiques récentes, préparez des réponses mesurées qui vous permettent de clarifier votre position ou de désamorcer les accusations.

  • Études et données : Appuyez vos réponses sur des faits et des chiffres concrets, particulièrement pour des sujets techniques ou économiques. Cela renforce votre crédibilité et montre votre maîtrise des dossiers.

3. Techniques de gestion des questions

Pour gérer efficacement les questions, qu'elles soient amicales ou hostiles, adoptez des techniques de communication éprouvées :

  • La méthode du "pont" : Cette technique consiste à répondre brièvement à la question, puis à faire un pont vers le message clé que vous voulez mettre en avant. Exemple : "C’est une question importante, et justement, notre politique vise à…"

  • La méthode "SARA" :
    • S : Saluer la question (reconnaître son importance).
    • A : Apporter une réponse.
    • R : Rediriger vers votre message clé.
    • A : Affirmer votre position avec confiance.

  • Rester dans le cadre des messages : Il est facile de se laisser distraire par des questions déstabilisantes ou hors sujet. Gardez toujours en tête vos messages principaux et ramenez le discours vers ces points.

  • Gestion des questions difficiles : Si une question est délicate, commencez par reconnaître la question, puis apportez une réponse qui soit nuancée, soit orientée vers une solution positive, tout en évitant de paraître évasif.


4. Langage corporel et maîtrise de l’image




La communication non-verbale joue un rôle crucial dans l’impression que vous laissez. Une maîtrise de votre image est indispensable :

  • Posture : Asseyez-vous droit mais détendu, montrez une attitude ouverte et confiante. Évitez les gestes nerveux ou les bras croisés qui peuvent sembler défensifs.

  • Regard : Maintenez un contact visuel avec le journaliste pour renforcer la confiance et la connexion. Si l'interview est filmée, alternez entre le journaliste et la caméra pour inclure l'audience dans la conversation.

  • Gestes : Utilisez des gestes naturels pour appuyer vos propos sans en faire trop. Un bon usage des mains peut rendre votre discours plus dynamique et plus convaincant.

  • Expression faciale : Adoptez un ton sérieux et empathique pour les sujets sensibles, et un sourire ou une expression plus ouverte pour les thèmes positifs. Évitez les expressions faciales qui pourraient paraître condescendantes ou impatientes.

5. Maîtrise du ton et de la voix



Votre voix est un outil puissant de persuasion. 

Assurez-vous de :

  • Articuler clairement pour que vos propos soient compris sans ambiguïté.

  • Moduler votre voix pour éviter la monotonie. Variez le ton pour donner du poids aux moments importants.

  • Garder un rythme fluide : Ne parlez ni trop vite, ni trop lentement. Prenez le temps de répondre avec calme, sans précipitation.

  • Éviter les hésitations comme "euh" ou "hum", qui peuvent indiquer de l’incertitude.

6. Anticipation des questions pièges ou provocatrices


Les interviews politiques comportent souvent des questions provocatrices ou visant à vous déstabiliser. Voici comment s’y préparer :

  • Ne jamais se laisser emporter : Rester calme et posé, même si la question est agressive. Un ton trop émotionnel pourrait vous faire perdre en crédibilité.

  • Contournement habile : Si la question est très personnelle ou imprévue, reformulez-la ou répondez en mettant l'accent sur un aspect plus large ou plus stratégique. Exemple : "Vous soulevez un point important, mais ce qui est crucial ici, c’est de se concentrer sur les solutions que nous proposons…"

  • Préparation aux attaques : Si vous êtes attaqué sur votre bilan ou vos idées, préparez des exemples concrets de réussites pour contrer les critiques avec des faits.

  • Rester maître du timing : Ne vous laissez pas entraîner dans des échanges trop longs sur des sujets controversés. Restez concis et recentrez la conversation vers des aspects plus constructifs.

7. S'adapter aux différents formats médiatiques



  • Interviews en direct : Soyez prêt à gérer la pression du direct. Répondez de manière concise et assurez-vous de faire passer vos messages clés dès le début, car le temps peut être limité.

  • Interviews en différé : Même si l’interview est enregistrée, agissez comme si elle était en direct pour éviter des erreurs ou des maladresses que vous ne souhaitez pas voir publiées.

  • Réseaux sociaux : Si l'interview est partagée sur les réseaux sociaux, soyez attentif à la façon dont vos propos peuvent être découpés ou sortis de leur contexte. Utilisez des phrases percutantes et courtes qui seront facilement mémorables et partagées.

8. Éviter les erreurs courantes



  • Ne pas s'égarer dans des détails techniques : Les réponses trop techniques ou complexes peuvent ennuyer ou perdre l'audience. Simplifiez vos propos tout en restant précis.

  • Ne pas ignorer une question : Même si la question est gênante, ne l’évitez pas complètement. Une réponse évasive peut être interprétée négativement. Répondez rapidement, puis orientez vers un sujet sur lequel vous êtes plus à l'aise.

  • Ne pas attaquer directement le journaliste : Même si les questions semblent provocatrices ou biaisées, restez professionnel. Une attitude défensive ou agressive peut se retourner contre vous.

9. Simulations d'interviews pour s’entraîner



Avant l'interview, il est recommandé de faire des simulations avec votre équipe :

  • Simulez des scénarios réels où l’on vous pose des questions similaires à celles que vous pourriez recevoir. Cela vous permet de tester vos réponses et de les ajuster.

  • Analyse des enregistrements : Si possible, enregistrez ces simulations pour analyser votre langage corporel, le ton de votre voix, et la clarté de vos réponses.

  • Feedback immédiat : Après chaque simulation, obtenez des retours détaillés sur ce qui a fonctionné et ce qui doit être amélioré.

10. Suivi post-interview



Après l’interview, il est important de suivre l’impact de votre intervention :

  • Analyse de la couverture médiatique : Suivez la diffusion de l’interview et analysez les commentaires et réactions. Cela permet d’évaluer si vos messages ont été bien perçus.

  • Réajustements pour les futures interviews : Prenez en compte ce qui a bien fonctionné et ce qui peut être amélioré pour vos futures interventions médiatiques.

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